repris du site Paris Luttes Infos

Publié le 12 février 2019

Éléments à propos du mot d’ordre RIc, largement diffusé chez les gilets jaunes, suivi d’un historique de celui-ci.

Cet article a été écrit par le collectif Agitations figure dans la brochure « Gilet Jaunes en lutte ! » que nous distribuons en manif :

Gilets Jaunes en lutte n°1

« Plutôt que le vote individuel, nous pensons (et nous constatons actuellement) que notre force se situe au niveau de l’action collective, lors des assemblées de ville, de quartier, de rond-point où nous décidons ensemble de la suite à donner au mouvement. C’est depuis les AG que nous avons choisi de faire des actions de blocage économique, et c’est toutes et tous ensemble dans la rue que nous avons retourné les quartiers bourgeois de Paris ! »

A la suite de la vague d’austérité qui à frappé l’Europe entre les années 2000 et la fin des années 2010, on observe un méfiance croissante dans pas mal de pays à l’égard des vieux partis gestionnaires comme le PS ou l’UMP en France. Les partis sociaux-démocrates et grand partis de droite ont vu leur électorat fondre à mesure qu’il mettaient en œuvre des réformes de durcissement des conditions de travail. Lors des élections en Grèce de 2015, le Parti Socialiste, qui avait mis en œuvre des mesures d’austérité, a cédé la place à un parti quasi neuf, Syriza [1]. En France, alors qu’on connaissait l’alternance du PS et de L’UMP depuis les années 1980, ces deux mastodontes ont cédé la place à un autre parti tout neuf en 2017, La République en Marche.

Ce dégagisme contre les vieux partis, ou contre de nouveaux partis qui appliquent la même politique, donne lieu à de nouvelles revendications réclamant plus de démocratie directe et d’auto-organisation. Nous l’avons vu lors des « Nuits Debout » en 2016 et autres mouvements des places (Occupy aux États-Unis, la place Tahrir en Égypte en 2011, etc). Maintenant, nous le voyons aussi chez les gilets jaunes depuis un mois avec la revendication d’une plus grande participation politique via le RIC.

En soi, la revendication du RIC, une demande de contrôle par les prolétaires des institutions bourgeoises, semble au premier abord légitime. Mais nous voyons que ce système existe déjà dans d’autres pays, comme l’Italie, la Suisse, ou même aux États-Unis (à l’échelle d’un État). Or dans ces trois exemples, rien n’a changé en matière de justice sociale : il n’y a pas de SMIC en Italie, où bon nombre de travailleurs sont payés 3€ de l’heure. Pour la Suisse, il s’agit d’un pays rentier (car paradis fiscal) et les référendums locaux n’ont pas aboli la domination des riches pour autant. Et aux États-Unis, le SMIC est à 6€ de l’heure, mais sans les services publics (pas de couverture santé sans emploi à temps-plein, pas d’université gratuite..). Bref, comme lors du référendum de 2005 en France, les référendums dans ces pays là n’ont rien changé, voire empiré la situation quand les politiciens parvenaient à faire passer les pires mesures en manipulant les modalités de vote.

Pour le gouvernement, le RIC constitue un écran de fumée pour détourner la colère sociale et empêcher le mouvement de prendre de l’ampleur en le ramenant dans le droit chemin de la démocratie parlementaire. C’est le maintien de Macron au pouvoir le temps de faire voter la réforme constitutionnelle, de proposer une pétition pour un référendum, de revoter, et tout ça pour en arriver là où on en est aujourd’hui. Le RIC, c’est s’en remettre aux institutions de la bourgeoisie au pouvoir, en lui laissant non seulement fixer les modalités du scrutin, mais également sa mise en application. C’est faire confiance aux politiciens pour rétablir une « démocratie » qu’ils ont toujours contrôlée, comme à l’Assemblée Nationale. Ce terrain n’est pas celui des prolétaires mais des élites dirigeantes !

Plutôt que le vote individuel, nous pensons (et nous constatons actuellement) que notre force se situe au niveau de l’action collective, lors des assemblées de ville, de quartier, de rond-point où nous décidons ensemble de la suite à donner au mouvement. C’est depuis les AG que nous avons choisi de faire des actions de blocage économique, et c’est toutes et tous ensemble dans la rue que nous avons retourné les quartiers bourgeois de Paris !

Notre pouvoir se trouve dans les AG et sur les ronds-points, pour ne pas rester seul face à l’isoloir : s’entraider sur les luttes locales, créer des caisses de grève, se lier avec des collectifs locaux (sans-papiers, chômeurs…), voilà ce qui fait notre force face aux politiciens.

L’histoire du mouvement ouvrier nous a montré que la justice sociale en termes de droit du travail, de salaire, d’égalité hommes-femmes, de droits des LGBT, n’a été obtenue que par les luttes, qui ont toujours précédé les lois. Les démocraties bourgeoises ne cèdent que sous le coup du rapport de force !

Construisons la lutte dans nos AG et combattons pour une autodéfense de classe !

Mais au fait… d’où vient le RIC ?

Années 1930 : un ancrage plutôt à droite

Un des premiers à avoir théorisé sur l’usage d’un référendum d’initiative populaire semble être Emmanuel Mounier, proche du catholicisme social mais aussi de certaines idées du régime de Vichy, en 1936 dans sa revue Esprit. Il élabore ces réflexions ont lieu à une époque où les femmes n’avaient pas encore le droit de vote.

1970 : un tournant « autogestionnaire »

Dans les années 70, c’est la gauche autogestionnaire et écologiste qui reprend ces idées, afin de gérer la question du nucléaire, mais aussi des problématiques plus syndicales comme la démocratie d’entreprise.

1980 : Une institutionnalisation de la revendication ?

C’est à l’occasion de l’élection présidentielle de 1981 que deux candidats mettent en avant dans leur profession de foi le référendum populaire. Huguette Bouchardeau (Parti Socialiste Unifié) propose la « possibilité de provoquer un référendum sur pétition de 100 000 citoyens » et Brice Lalonde (Aujourd’hui l’écologie) appelle à une « réforme constitutionnelle instituant des référendums d’initiative populaire au niveau local, régional, national ».

Bien avant le RIC, le bonapartisme s’appuyait sur l’appel au peuple et le plébiscite pour gouverner. Les gaullistes et une partie de la droite continuent de s’en réclamer : notamment le RPR de Jacques Chirac. Ainsi, après avoir figuré dans un avant-projet pour les élections législatives de 1978, deux propositions de loi sont également déposées par ses membres : la première par le sénateur Charles Pasqua (le 22 juin 1983) et la seconde par le député Yvan Blot (le 11 juin 1987).

Notes

[1] À noter que les mouvements des places durant le Printemps Arabe de 2011 a servi de plateforme politique au renouveau du parlementarisme puisqu’il ont donné lieu à l’élection de l’actuel gouvernement grec, et dans une moindre mesure au parti Podemos en Espagne. Les militants de Syriza en Grèce étaient très actifs au sein des assemblées grecques au début des années 2010, et ont fait connaitre leur parti (né en 2004) à ce moment-là, de même que Podemos en Espagne.

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En uniformes peu adaptés face à la férocité du pauvre repus de denrées arrachées à de petits propriétaires bien en peine , les obéissant.es aux maîtres d’état : police, gens d’armes et autres fidèles, peinent à faire valoir des droits qui ne doivent rester que du côté des riches. 

Mollarder à la face des « Sans Le Sou » ses moult avantages scandaleux, ses pansements sociaux et ses 4 giclées pécuniaires mensuelles était vraisemblablement insuffisant.

Mettre en avant la vie de châtelain.es quand « ça » squatte fût un des bonus fantasques que se sont offerts les dominant.es – et les dominé.es qui leur sont assujettie s -.

Extrait tiré du quotidien local Tartine à Merde « Il est coutume de voir errer petits et grands possédant.es dehors, raclant péniblement le bitume, pendant que des squatteurs, souvent sans papiers, s’adonnent au confort et à la vie de pacha dans le maigre petit héritage mobilier de ces derniers.

Litrons de médoc Cuvée Richard.es à la main, en peignoirs de soie ou en damarts usés, pillés aux bonnes gent.tes foutues hors de leurs biens, ces derniers narguent les bons et valeureux citoyens dans leur vie de labeur.

C’est l’insoutenable vision de la perversité squattesque qui s’offre sous les yeux ébahies et pétrifiés du public.

Quand la fin de la récré à la vivote sonne, les orbites oculaires mouillés par quelques nuisances lacrymales, ces dépouilleurs/euses se retrouvent délicatement dehors.

Chacun.es sait que l’on prend toujours des précautions pour vider les squatteurs, qui ont la veine d’être accompagné.es par de petites gent.es au salaire bien trop étroit ( et pas que ).

Les riches donnent généreusement la pitance : se soumettre, obéir et se battre pour qu’ils gardent leur privilèges reste tout de même un point d’honneur chez certains trimards » TM du 7 juin 2016.

De fait, après ce gavage populiste « Que tous les systèmes aillent tuer les pauvres ce soir » 

L’état et ses souteneurs/euses mettent en place leur stratégie mortifère via leurs appuis fétiches et protecteurs : les lois dont la loi ELAN avec quelques points à savoir  :

1. Après les divagations fabriquées par et pour avoir peur de la marge, comme l’occupation des maisons lors de départs en vacances, celles/ceux qui voudront s’adonner à cet acte farfelu de survie que d’occuper des baraques laissées en ruine seront criminalisés/ées.

Les fait n’est pas nouveau, mais avait besoin d’un appui étatique plus fort, encré sur le code pénal.

2. Après l’armada administrative suite aux carences de paiements pour les bides des logeurs sociaux, un délai raboté d’un mois a été prévu pour préparer son   « déménagement »( forcé et/ou ) aidé par les argousins.La feignasse pauvre devra s’activer pour disparaître ; deux mois étaient bien trop long pour quelques guenilles à emballer.Sanction similaire en cas de récidive dans les deux ans.Le pauvre étant un délinquant notoire dans sa gestion comptable, il prendra pour perpétuité.

3. La trêve hivernale, n’ayant jamais été étendue aux squats, une jonction s’impose pour rappeler que quoiqu’il arrive, sans pognon on a les mêmes starting blocs pour dégager.

En plus de pénalités pécuniaires, amendes à cracher quotidiennement, il y aura plus classe, en reprenant la sémantique du cadre dynamique : la mobilité.

Quand on arrive pas à s’adapter au loyer, on jarte, on trouve un autre cagibi plus miteux, en adéquation avec ce que le « Sans Flouze » est : un rien, un pauvre rien.

Les structures sociales retrouveront le plein emploi. Accompagner et aider, ça rapporte. Le pauvre est une valeur sûre.

4. Les tenanciers devront jouer de vigilance. La vie des grouillants/es tellement intrépide, a trop été en roue libre, avec si peu de flicages de leurs conditions de nababs.

Les bailleurs/euses nouveaux acteurs/trices de terrains , à l’œil vif devront déceler le gaspillage de blé de l’état.De véritables dérivé.es de cognes.

Dorénavant, ayant connaissance ou pas d’être en sous location, sans avoir le choix d’habiter un taudis loué illégalement, ou partager sa masure avec quelques potes à la rue, moyennant quelques thunes, donnera droit aux propriétaires de se torcher avec les baux. Ces petits usuriers pourront mettre fin au contrat de location . Si la seule possibilité d’avoir de l’ardoise au dessus de ta tronche était par la sous location non déclarée ou par le biais de « vendeurs de sommeil », ça sera la rue.Il est à croire que dans le pire, mieux vaut une bouche d’air chaud où crécher plutôt que des murs avec une charpente douteuse à un coût trop élevé. La rue ou rien.

5. Ce travail crasse d’épiage pourra se scinder avec la fonction d’agent de probation.Multiplicité professionnelle, tout est souple dans les schémas libéraux.

Si le casier judiciaire des locataires a quelques lignes de diarrhées des tribunaux pour stupéfiants avec option taule : de nouveau, les baux pourront servir de papiers à commodités pour les acquéreurs fonciers.

Et toute la famille trinque : Santé. La 8’6, ou autre champagne à pauvre se boira devant ce qui servait de toit. Avec ou sans partage.

Le tableau criminel est presque achevé ; magnifique chef d’œuvre nauséabond.

Les pauvres, sans papier, taulards/des, consommateurs/ trices de drogues, squatteurs/ euses, défavorisés/ées et toutes autres déclinaisons – dont le statut demeure toujours douteux, car privilégié.es au sein d’un système étatique tant généreux – seront tous.tes sur une lignée similaire.

Fini les légères variations de traitements pseudos empathiques.

Cette lignée sur laquelle l’état, ses sbires et ses loyaux ont toujours tiré pleine balle, parfois avec une petite retenue, s’est agrandie à celles/ceux qui se sentaient fièrement exclus/es de la marmite aux grouillants/es : les un peu moins pauvres. Celles/ceux qui «  avaient du mal » mais arrivaient à trouver des bulles d’air dans l’asphyxie.

Celle/ceux qui se sentent rassurés/ées en regardant à travers leurs crédits la ramasse des fauchés/ées, comprennent bien la fragilité d’un système économique – dédié aux puissants- puisque c’est maintenant sur le pas de leur porte.

6. Et pour parfaire cette énième toile de maîtres : les invalides. Mieux vaut que tout soit inaccessible, logements compris pour celles/ceux qui oseraient cumuler pauvreté et handicap.

Après tout,les impotents/tes sont aussi douteux ; avec ou sans roulettes, iles puent l’escroquerie et trop cagneux/euses pour l’œil de la chaste cité, iles doivent être parqués/ées.

Seuls/es les logés/es institutionnels/les, seront sans risque imminent d’être délogé.es. Privilège octroyé par l’état et sa cour. Les dérivés de taules sont indémodables.

Pour les autres logis comme les clapiers « HLM », l’accessibilité, déjà Graal de l’indigent, sera réduite, voir inexistante.

Au final, tous les «  Grattes Fonds de Poches  » connaissaient un peu le mode d’emploi, mis à jour régulièrement :déblayage, tribunal, raclage de caillasse et/ou taule. Ça tombe bien, l’état investit dans de nouvelles constructions de cages. De luxe, avec chambrées individuelles. Les pauvres ont leurs places dédiées, on ne les dissémine pas. Une aubaine que les crevures privilégiées ne leur feront pas rater.

Seulement, les pauvres n’ont pas peur de la pauvreté, iles la vivent. Et pour quelques uns/unes, la rage travaille quand on met à vif l’instinct de survie.

Des pauvres pollueurs/euses de leur état, pourront toujours dans un élan écologique de fertilisation des terrains foutre le feu à la propriété.

Les boursicoteurs/euses, pourront toujours récupérer cendres et débris de leur tas de merdes bétonnées et continuer à spéculer.L’occasion sera aussi donnée pour faire monter le cours des actions pour les cordes en chanvre biologique.

Quelques branleur.euses pauvres, en recherche de toits, entre autres, à dépouiller aux rentiers.

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